Gordon Friesen, président de la Coalition pour la prévention de l'euthanasie
En France, le milieu des personnes vivant en situation de handicap manifeste énergiquement son opposition à la légalisation récente de l’homicide médical. Cette réaction est très bien présentée dans l’article intitulé «Nos vies restent à défendre – Notre réaction au vote de la loi aide médicale à mourir», publié le 22 août 2026 sur le site dijoncter.info par le Comité antivalidiste Strasbourg.
Voici l’entrée en matière et le message principal.
Ce 15 juillet, au terme de trois ans de parcours législatif, l’Assemblée Nationale a adopté la loi «aide à mourir», légalisant le suicide assisté et l’euthanasie par 291 voix pour et 241 voix contre. C’est un coup dur, et c’est surtout une mise en danger réelle et directe de nos vies, de celles de nos adelphes et de nos proches.
Cette loi acte une société à deux vitesses, où les envies suicidaires des personnes valides sont perçues comme une tragédie et font l’objet de prévention, tandis que celles des personnes malades, âgées ou handicapées sont jugées compréhensibles, allant de soi, au point d’être désormais accompagnées et financées par la puissance publique.
Nous sentons aussi une détermination confiante, de la part des personnes en situation de handicap, à modifier le soutien de leurs allié(e)s de gauche à l’homicide médical. En effet, ces allié(e)s donnèrent leur appui à la loi «aide à mourir», si amèrement regrettée par ces personnes.
Une mention particulière revient à La France insoumise, principale force de la gauche, qui célèbre ce vote comme «historique». Dans son message de victoire, la présidente du groupe LFI Mathilde Panot réduit toute opposition à la loi à «la désinformation des anti-choix et de l’extrême droite». Pas un mot pour les collectifs antivalidistes, les associations de personnes handicapées et malades qui alertent depuis trois ans : nous voilà rayés du débat et assimilés à nos pires adversaires politiques. L’accusation de désinformation ne manque pas d’audace venant d’un camp qui n’a cessé de caricaturer la sédation profonde et continue, autorisée depuis la loi Claeys-Leonetti, pour justifier son texte.
Heureusement, l’esprit combatif de la communauté des personnes vivant en situation de handicap n’en semble aucunement affecté, ainsi que le montre le texte ci-dessous.
La loi est votée ; elle n’est pas encore promulguée, le Conseil constitutionnel ayant été saisi de toutes parts, jusque par le Premier ministre lui-même. Nous n’en attendons rien. Ce qui commence maintenant, c’est le temps de l’application, et notre rôle est là : documenter chaque dérive, rendre visible chaque mort produite par l’abandon, refuser que les statistiques remplacent les vies.
Aujourd’hui plus qu’hier, prendre soin de nos communautés est un devoir et une nécessité. Cela veut dire assurer un soutien matériel, militant, concret et quotidien, auprès de nos pairs et des personnes que cette loi expose. À l’abandon organisé, nous opposons la solidarité organisée.
Nous n’avons pas fait basculer l’Assemblée. Mais notre militantisme a produit des résultats, et ils se mesurent. Il y a encore un an, il semblait acquis dans la quasi-totalité des milieux de gauche que cette loi était un progrès : cette unanimité n’existe plus. Nationalement, la critique antivalidiste et matérialiste de l’aide à mourir, portée par les collectifs et les associations de personnes concernées, s’est fait une place dans le débat public. Localement, depuis la création de notre collectif début 2026, les tables rondes, les projections-débats et nos rencontres ont ouvert des conversations qui n’existaient pas, chez les camarades avec qui nous militons au quotidien comme au-delà. Ce n’est pas une consolation, c’est une raison de continuer : aucune loi ne s’abroge sans que le rapport de force idéologique ait changé, et c’est précisément ce rapport de force que nous construisons.
C’est avec la plus grande reconnaissance (et admiration) que La Coalition pour la prévention de l’euthanasie prend acte de la bravoure et de la persévérance de nos ami(e)s de l’Hexagone. En effet, ce sont les personnes vivant en situation de handicap (avec un grand nombre de médecins de tendance progressiste) qui portent nos plus grands espoirs pour défaire le soi-disant consensus de gauche, actuellement favorable à l’homicide médical. Nous leur souhaitons le plus grand succès dans le projet rassembleur décrit à la fin de leur article.
Nous exigeons l’abrogation de cette loi, et avec elle, ce qu’aucun texte n’a jamais garanti : les soins, les aides humaines, l’accessibilité et les revenus qui permettent de vivre. Le collectif poursuivra cette lutte, avec détermination, vigilance et solidarité. Nos vies valent d’être vécues, et nous nous battrons pour que chacune et chacun en ait les moyens.






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