jeudi 6 août 2026

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Le nécessaire combat pour des maisons de soins palliatifs sans euthanasie

Odile Marcotte, membre du conseil de la Coalition pour la prévention de l'euthanasie 

Après que la Cour suprême du Canada ait jugé que l’interdiction absolue de l’euthanasie était inconstitutionnelle, beaucoup de personnes ont conclu qu’il existait un «droit» à l’euthanasie (ou à une mort digne, dans le jargon du lobby pro-euthanasie). Chaque province canadienne a introduit dans son système médical la pratique de l’euthanasie et certaines, dont le Québec et la Colombie-Britannique, ont même forcé toutes les maisons de soins palliatifs à offrir l’euthanasie aux personnes autorisées à recevoir cette intervention. La Colombie-Britannique n’a exempté de cette obligation que les maisons de soins palliatifs affiliées à des organismes religieux, mais même cette exemption est contestée devant les tribunaux en ce moment.

Cette situation nous amène à penser qu’il existe peut-être un droit plus important que le droit à l’euthanasie: le droit de mourir dans un environnement sans suicide assisté ni euthanasie. Cette exigence semble tout à fait légitime, étant donné le droit donné en pratique de travailler ou dîner dans un environnement sans fumée. Je réfère le lecteur à un article que j’ai publié à ce sujet en 2016. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles un patient préfèrerait terminer ses jours dans une maison n’offrant pas l’euthanasie, mais la plus importante est la peur de revivre une expérience douloureuse liée à un suicide ou une euthanasie.

Revenons à la Colombie-Britannique. L’association Delta Hospice Society (DHS) avait obtenu un bail et recueilli des fonds privés afin de construire une maison de soins palliatifs, qui a offert d’excellents services à ses patients pendant une dizaine d’années. Toutefois, en 2021, elle a subi d’énormes pressions du gouvernement de la Colombie-Britannique pour inclure l’euthanasie dans son «offre de soins». Fidèle à la véritable définition des soins palliatifs, qui ne visent ni à prolonger la vie du patient ni à provoquer sa mort (voir en particulier le site de l’OMS), la direction de la DHS perdit et son bail et la plupart de ses actifs, acquis grâce à ses campagnes de financement. Je laisse la parole à madame Angelina Ireland, présidente de la DHS, qui a mené ce combat. Cette vidéo est doublée en français. 

À ma connaissance, madame Ireland est la seule personne au Canada ayant la responsabilité d’une maison de soins palliatifs et ayant refusé de céder aux pressions gouvernementales visant à imposer l’euthanasie à ces maisons. À titre personnel, je lui en suis très reconnaissante. Le lecteur notera qu’en Suisse, le suicide assisté n’est pas gratuit, ainsi que le rapporte l’intervieweur, alors qu’au Canada, l’euthanasie a été intégrée au système public de santé.

 

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